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Frais kilométrique auto-entrepreneur : déduction des frais liés à l’utilisation de véhicules

Pierre 20/09/2025 11 min de lecture

Vous êtes auto-entrepreneur et vous vous demandez si vous pouvez déduire vos frais kilométriques de vos impôts ? Vous parcourez des kilomètres pour votre activité professionnelle et vous aimeriez bien récupérer une partie de ces dépenses ?

La réponse va peut-être vous surprendre, mais elle est claire : non, vous ne pouvez pas déduire vos frais kilométriques au réel en tant qu’auto-entrepreneur.

Mais ne partez pas tout de suite ! Ce n’est pas pour autant que vous devez renoncer à toute compensation. Il existe des alternatives pour récupérer une partie de ces frais de déplacement. C’est exactement ce que vous allez découvrir dans cet article.

Vous saurez pourquoi cette règle existe, comment fonctionne le système d’abattement forfaitaire qui remplace la déduction, et surtout quelles sont vos options pour être remboursé de vos déplacements professionnels.

Peut-on déduire les frais kilométriques en auto-entrepreneur ?

La réponse est formelle : les auto-entrepreneurs ne peuvent pas déduire leurs frais kilométriques au réel. Cette impossibilité découle directement du fonctionnement du régime micro-entreprise.

Contrairement aux entreprises soumises au régime réel, qui peuvent déduire leurs charges professionnelles (y compris les frais de véhicule) de leur bénéfice imposable, les micro-entrepreneurs bénéficient d’un système simplifié. L’administration fiscale applique automatiquement un abattement forfaitaire sur votre chiffre d’affaires pour tenir compte de l’ensemble de vos charges professionnelles.

Cet abattement est censé couvrir toutes vos dépenses liées à votre activité : frais de bureau, frais de déplacement, matériel, formation, etc. Vous ne pouvez donc pas déduire vos frais kilométriques en plus de cet abattement.

Si vous travaillez comme aide-soignant en libéral ou dans toute autre activité nécessitant de nombreux déplacements, cette règle s’applique de la même manière. Le statut d’auto-entrepreneur ne permet aucune déduction de frais réels, quelle que soit votre profession.

L’abattement forfaitaire : taux, fonctionnement et conséquences

Pour comprendre pourquoi vous ne pouvez pas déduire vos frais kilométriques, il faut maîtriser le principe de l’abattement forfaitaire. Ce mécanisme constitue le cœur du régime micro-entreprise.

Les taux d’abattement selon votre activité

L’abattement forfaitaire varie selon la nature de votre activité professionnelle :

  • 71 % pour les activités d’achat-revente et l’hébergement (marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place)
  • 50 % pour les prestations de services BIC (bénéfices industriels et commerciaux)
  • 34 % pour les activités libérales BNC (bénéfices non commerciaux)

Prenons un exemple concret : si vous êtes consultant et que vous réalisez 40 000 € de chiffre d’affaires dans l’année, l’administration fiscale considère que vos charges représentent 34 % de ce montant, soit 13 600 €. Votre bénéfice imposable sera donc de 26 400 €.

Fonctionnement pratique de l’abattement

L’abattement s’applique automatiquement lors du calcul de votre impôt sur le revenu. Vous n’avez aucune démarche particulière à effectuer. Le montant abattu est censé couvrir l’ensemble de vos frais professionnels, y compris vos frais de déplacement.

Cette simplification présente des avantages : pas de comptabilité complexe, pas de justificatifs à conserver, pas de calculs compliqués. Mais elle peut aussi vous pénaliser si vos charges réelles dépassent largement le pourcentage d’abattement appliqué.

Type d’activité Taux d’abattement Exemple CA Abattement en € Base imposable
Vente 71% 50 000 € 35 500 € 14 500 €
Services BIC 50% 40 000 € 20 000 € 20 000 €
Libéral BNC 34% 35 000 € 11 900 € 23 100 €

Alternatives pour être remboursé de vos déplacements

Même si vous ne pouvez pas déduire vos frais kilométriques, il existe plusieurs moyens d’être compensé pour vos déplacements professionnels. Voici les principales solutions à votre disposition.

Facturer vos frais de déplacement au client

La solution la plus courante consiste à facturer vos frais de déplacement directement à votre client. Vous pouvez procéder de deux manières :

Option 1 : Facturation au forfait
Vous intégrez un montant forfaitaire dans votre devis pour couvrir vos frais de déplacement. Par exemple, si vous intervenez régulièrement chez un client situé à 30 km de votre domicile, vous pouvez inclure 50 € de frais de déplacement dans votre tarification globale.

Option 2 : Facturation selon le barème kilométrique
Vous calculez vos frais selon le barème officiel et vous les facturez en plus de votre prestation. Cette méthode nécessite de tenir un registre précis de vos déplacements.

Attention : ces frais facturés s’ajoutent à votre chiffre d’affaires et sont donc soumis aux cotisations sociales et, le cas échéant, à la TVA.

Utiliser les frais de débours

Les frais de débours constituent une alternative intéressante sous certaines conditions. Il s’agit de dépenses que vous avancez pour le compte de votre client et que vous lui refacturez sans marge.

Pour que des frais de carburant ou de péage puissent être considérés comme des débours, vous devez respecter des conditions strictes :

  • Les dépenses doivent être engagées au nom et pour le compte du client
  • Vous devez conserver tous les justificatifs
  • La refacturation doit se faire sans marge bénéficiaire
  • Les frais doivent être clairement identifiés sur la facture

L’avantage des débours : ils ne s’intègrent pas dans votre chiffre d’affaires et n’augmentent donc pas vos cotisations sociales.

Passer au régime réel

Si vos frais de déplacement représentent une part importante de vos dépenses, vous pourriez envisager de sortir du régime micro-entreprise pour opter pour le régime réel d’imposition.

Cette option vous permettra de déduire l’ensemble de vos charges professionnelles réelles, y compris vos frais kilométriques. En contrepartie, vous devrez tenir une comptabilité plus rigoureuse et conserver tous vos justificatifs.

Le barème kilométrique : calcul et exemples pratiques

Même si vous ne pouvez pas l’utiliser pour une déduction fiscale, le barème kilométrique reste utile pour calculer vos frais de déplacement à facturer ou pour évaluer le coût réel de vos déplacements.

Formule de calcul du barème 2024

Le barème kilométrique varie selon la puissance fiscale de votre véhicule. Pour 2024, voici les coefficients applicables :

Puissance du véhicule Formule de calcul
3 CV et moins (nombre de km × 0,314) + 1 212 €
4 CV (nombre de km × 0,338) + 1 313 €
5 CV (nombre de km × 0,357) + 1 395 €
6 CV (nombre de km × 0,382) + 1 489 €
7 CV et plus (nombre de km × 0,407) + 1 588 €

Exemple de calcul détaillé

Supposons que vous parcouriez 6 750 km par an avec un véhicule de 5 CV pour votre activité professionnelle. Le calcul serait le suivant :

Montant annuel = (6 750 × 0,357) + 1 395 = 3 804,75 €

Ce montant représente le coût théorique de l’utilisation de votre véhicule selon l’administration fiscale. Vous pouvez l’utiliser comme base pour établir vos tarifs ou négocier vos forfaits de déplacement avec vos clients.

Majoration pour véhicules électriques

Si vous utilisez un véhicule électrique pour vos déplacements professionnels, vous bénéficiez d’une majoration de 20 % sur le montant calculé selon le barème standard.

Dans l’exemple précédent, avec un véhicule électrique de 5 CV, le montant passerait de 3 804,75 € à 4 565,70 € (soit 3 804,75 × 1,2).

Quand envisager le passage au régime réel

Le passage au régime réel peut s’avérer intéressant si l’abattement forfaitaire ne couvre pas suffisamment vos charges réelles. Voici comment évaluer cette option.

Calcul du seuil de rentabilité

Pour déterminer si le passage au régime réel vous serait favorable, comparez vos charges réelles à l’abattement forfaitaire dont vous bénéficiez actuellement.

Prenons l’exemple d’un consultant BNC qui réalise 45 000 € de chiffre d’affaires. Son abattement forfaitaire est de 15 300 € (45 000 × 34 %). Si ses charges réelles (déplacements, bureau, matériel, formation) atteignent 20 000 €, il gagnerait 4 700 € de déduction supplémentaire en passant au régime réel.

Cette économie se traduirait par une baisse d’impôt comprise entre 1 410 € (tranche à 30 %) et 2 115 € (tranche à 45 %), selon sa situation fiscale.

Contraintes du régime réel

Le passage au régime réel implique des obligations supplémentaires :

  • Tenue d’une comptabilité rigoureuse : livre-journal, grand livre, bilan annuel
  • Conservation de tous les justificatifs : factures, tickets de caisse, relevés kilométriques
  • Déclarations fiscales plus complexes : liasse fiscale, déclaration de TVA si applicable
  • Éventuel recours à un expert-comptable : coût supplémentaire de 1 000 à 3 000 € par an

Seuils à ne pas dépasser

Attention aux seuils de chiffre d’affaires du régime micro-entreprise ! Si vous les dépassez, vous basculerez automatiquement au régime réel :

  • 188 700 € pour les activités de vente
  • 77 700 € pour les prestations de services

Si vous approchez ces seuils et que vos charges sont importantes, anticipez le passage au régime réel pour optimiser votre fiscalité.

Questions pratiques : justificatifs et impact fiscal

Pour finir, voici les aspects pratiques à connaître concernant la gestion de vos frais de déplacement en auto-entrepreneur.

Tenue d’un registre de déplacements

Même si vous ne pouvez pas déduire vos frais kilométriques, il est recommandé de tenir un registre précis de vos déplacements professionnels. Cette documentation vous servira si vous décidez de facturer vos frais ou de passer au régime réel.

Notez pour chaque déplacement :

  • Date du déplacement
  • Motif (client, formation, prospection)
  • Lieu de départ et d’arrivée
  • Nombre de kilomètres parcourus
  • Éventuels frais annexes (parking, péage)

Impact sur les cotisations sociales

Si vous facturez vos frais de déplacement, ils s’ajoutent à votre chiffre d’affaires et sont soumis aux cotisations sociales. Le taux varie selon votre activité :

Type d’activité Taux de cotisations
Vente de marchandises 12,8 %
Prestations de services BIC 22 %
Activités libérales BNC 22 %

Cette augmentation du chiffre d’affaires peut aussi déclencher l’assujettissement à la TVA si vous franchissez les seuils (36 800 € pour les services, 91 900 € pour la vente).

Versement libératoire de l’impôt

Si vous avez opté pour le versement libératoire, les frais facturés sont également soumis à ce prélèvement. Les taux applicables sont :

  • 1 % pour les activités de vente
  • 1,7 % pour les prestations de services BIC
  • 2,2 % pour les activités libérales BNC

Que vous exerciez une activité classique ou que vous ayez le statut de free-lance, ces règles s’appliquent de la même manière dès lors que vous êtes sous le régime micro-entreprise.

Questions fréquentes

Est-ce qu’un auto-entrepreneur peut déduire les frais kilométriques ?

Non, les auto-entrepreneurs ne peuvent pas déduire leurs frais kilométriques au réel. Le régime micro-entreprise applique automatiquement un abattement forfaitaire (34 %, 50 % ou 71 % selon l’activité) qui est censé couvrir toutes les charges professionnelles, y compris les frais de déplacement. Vous ne pouvez pas cumuler cet abattement avec une déduction de frais réels.

Comment un auto-entrepreneur peut-il récupérer ses frais de déplacement ?

Un auto-entrepreneur peut récupérer ses frais de déplacement de trois manières : facturer les frais directement au client (au forfait ou selon le barème kilométrique), utiliser le système des frais de débours pour les dépenses engagées au nom du client, ou passer au régime réel d’imposition qui permet la déduction de toutes les charges professionnelles réelles.

Quel est le barème kilométrique applicable aux auto-entrepreneurs ?

Les auto-entrepreneurs ne peuvent pas utiliser le barème kilométrique pour leurs déclarations fiscales, mais ils peuvent s’en servir pour calculer leurs frais à facturer. Pour 2024, le barème va de (km × 0,314) + 1 212 € pour un véhicule de 3 CV ou moins, jusqu’à (km × 0,407) + 1 588 € pour un véhicule de 7 CV et plus. Les véhicules électriques bénéficient d’une majoration de 20 %.

Quand faut-il envisager de sortir du régime micro-entreprise ?

Il faut envisager de sortir du régime micro-entreprise quand vos charges professionnelles réelles dépassent significativement l’abattement forfaitaire. Par exemple, si vous êtes consultant BNC avec 40 000 € de CA (abattement de 13 600 €) mais 20 000 € de charges réelles, vous économiseriez sur l’impôt en passant au régime réel. Attention aux contraintes comptables supplémentaires et aux éventuels frais d’expert-comptable.

Les frais de déplacement facturés sont-ils soumis aux cotisations sociales ?

Oui, les frais de déplacement facturés s’ajoutent à votre chiffre d’affaires et sont soumis aux cotisations sociales (12,8 % à 22 % selon l’activité) ainsi qu’au versement libératoire si vous avez choisi cette option. Seuls les frais de débours, facturés sans marge pour le compte du client avec justificatifs, échappent à cette règle et ne s’intègrent pas dans le chiffre d’affaires déclaré.

Pierre

Pierre

Expert en mise en relation B2B et stratégie marketing, je partage mes conseils pour développer votre network professionnel et optimiser vos campagnes de génération de leads.